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Archive for the ‘Philosophie’ Category

index wilde 1

Oscar Wilde

Chers Amis,

Mes deux ouvrages philosophiques consacrés à l’œuvre d’Oscar Wilde, viennent enfin d’être imprimés chez l’Harmattan.

Une réflexion que j’ai développé pendant quelques années et que j’ai retravaillé pour les besoins de l’éditeur. Je les en remercie par avance, puisqu’ils ont toujours été courtois et soigneux également…!


Voici donc les deux tomes
: 1 ) Oscar Wilde : Une philosophie de la provocation

Et 2) Oscar Wilde : Une esthétique de la tragédie.

couverture publication wilde

SACHEZ QUE VOUS POUVEZ LES COMMANDER DES A PRÉSENT, MAIS ILS NE SERONT COMMERCIALISES QU’A LA RENTRÉE DE SEPTEMBRE 2013 !

les liens : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=40906

Et celui-ci : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=40907&razSqlClone=1

J’en reparlerai donc avec un plaisir légitime !

N’est-ce pas cher Oscar ?

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Carl Vilhelm Holso - Woman Reading at a Sunlit Window

Carl Vilhelm Holso – Woman Reading at a Sunlit Window

Chers Amis,

Je viens de recevoir la dernière LETTRE (N°9 de JUILLET 2013) de la Société des études dixneuvièmistes. Leurs projets universitaires, leurs recherches littéraires sont fondamentales pour chacun de nous, passionnés du XIXème siècle.

Ils méritent vos encouragements, votre adhésion parce que vous y puiserez tout ce qui pourrait inspirer vos projets et vos idéaux.

Voici la page d’accueil et les mises à jour à consulter pour votre plaisir :

http://etudes-romantiques.ish-lyon.cnrs.fr/presentation.html

A très bientôt, et passez du bon temps avec nos amis Beardsley et Pierre de Bonneuil ! (voir les deux derniers articles).

LOU FERREIRA

Rebecca Solomon - A Fashionable Couple-1854

Rebecca Solomon – A Fashionable Couple-1854

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LE PRIX LITTERAIRE PARIS / LIEGE 2013 !

Eugène Grasset - Juillet


Eugène GRASSET . Juillet.

Chers Amis,

Le philosophe et dandy Daniel Salvatore Schiffer m’a proposé il y a quelques semaines de faire partie du Jury littéraire Paris / Liège 2013.

Non seulement c’est un honneur, mais c’est surtout un bonheur ! La remise du prix aura lieu Le 17 Septembre 2013 et le jury sera composé de 9 auteurs ( 4 Français, 4 Belges et 1 Luxembourgeois).

Je peux vous assurer que la cordialité et la rigueur de nos voisins Belges est tout ce que je rêvais de croiser enfin ! De belles rencontres en perspectives …

Voici la liste des ouvrages sélectionnés :

Aimer (quand même) le XXIe siècle de Jean-Louis Servan-Schreiber chez Albin Michel
Chateaubriand de Jean-Claude Berchet chez Gallimard
Enquête sur des Modes d’Existence de Bruno Latour chez La Découverte
Fukushima, Récit d’un désastre de Michaël Ferrier chez Gallimard
La Conscience métisse de Daryush Shayegan chez Albin Michel Bibliothèque Idées
La Fin du Village de Jean-Pierre Le Goff chez Gallimard
L’Etoile jaune et le Croissant de Mohammed Aïssaoui chez Gallimard
L’homme simplifié – Le syndrome de la touche étoile de Jean-Michel Besnier chez Fayard
L’Islam au coeur de nos villes de Jean-Michel Corre chez Couleur livres Question de Société
Misère de la Pensée économique de Paul Jorion chez Fayard
Passions. La Princesse de Clève de Jean-Michel Delacomptée chez Arléa – Diffusion Seuil
Pierre Benoit. Le romancier Paradoxal de Gérard de Cortanze chez Albin Michel
Que diraient les animaux si … on leur posait les bonnes questions de Vinciane Desprest chez Les Empêcheurs de penser en rond
Remake de Jean Imbeault Editions l’olivier penser/rêver
Une autre existence – La condition animale de Florence Burgat chez Albin Michel
Une autre vie est possible de Jean-Claude Guillebaud chez L’Iconoclaste

Toutes les informations essentielles sont ici : http://www.paris-liege.be/node/1

Léon Bonnat - Portrait de Victor Hugo

Léon Bonnat – Portrait de Victor Hugo

La presse s’en fait régulièrement l’écho (par exemple l’année dernière Jean-François KHAN et Michel ONFRAY étaient les invités d’honneur et conférenciers de ce prix). Le maire de PARIS, Bertrand Delanoé s’y est associé :

 » Le Maire de Paris, Bertrand Delanoë, souligne qu’il est « naturel d’exprimer l’amitié entre nos deux villes par un grand évènement célèbrant la culture francophone ». Avec la somme de 10 000 euros accordée au lauréat, le « Prix Paris-Liège » devient le concours littéraire le plus important en francophonie, tous genres confondus »

( http://www.todayinliege.be/Nouveau-Prix-Litteraire-Paris.html )

Je vous donnerai d’autres informations – autorisées- à venir, et vous serez informés bien entendu de la désignation du Lauréat.

A très bientôt à tous !

LOU FERREIRA

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Lou FERREIRA. Dans son bureau. Photo Christine CALAIS

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Ramon Casas. Au théâtre.

Chers Amis,

C’est parce que je travaille sur une pièce liée à Nietzsche depuis quelques mois déjà, que je me tiens au courant de toutes les actualités liées à ce philosophe révolté et fondamental pour le courant de pensée qu’il va inaugurer au XIXème siècle.

Et la belle idée de l’incarner au théâtre est venue de deux philosophes justement : Francis Marfoglia et Bruno Roche. Un article de Martine Piazzon sur le site internet FROGGY’S DELIGHT résume avec style ce qui vous attend si vous avez la belle idée d’aller admirer le travail de Marie Véronique Raban, avec Bertrand Monbaylet dans le rôle de Nietzsche et Pierre Hentz dans celui de Monsieur Paul.

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Lisez ceci :

 » Francis Marfoglia et Bruno Roche, tous deux agrégés de philosophie, envisagent une nouvelle façon de faire de la philosophie, « une façon qui n’exclut pas les livres mais les prépare et les introduit » selon le concept d’un « théâtre-philo » qui opérerait une « mise en vie » des philosophes tout en présentant leurs réflexions et théories.Dans ce cadre, ils ont écrit à quatre mains un opus mettant en scène Friedrich Nietzsche, l’auteur, entre autres, de « Par-delà bien et mal », « Ainsi parlait Zarathoustra » et « Le gai savoir », alors interné suite à une atteinte neurologique d’origine syphilitique qui le plongera dans la démence, et deux personnages fictionnels afin de livrer un épitomé de la pensée nietzschienne relative au fameux apophtegme « Dieu est mort » et à la notion de « surhomme ».
A cette fin, ils confrontent le philosophe allemand à l’exercice de la vulgarisation avec le personnage de l’infirmière et à celui de la controverse avec le malade qui a mis en sa pratique sa théorie de la liberté.Mission accomplie pour les auteurs qui parviennent à faire entendre de manière claire et intelligible, tant pour le spectateur non averti que pour celui féru de la chose philosophique, un propos érudit qu’il s’agisse des trois métamorphoses de l’esprit, du bonheur dyonisiaque ou de la mort de Dieu ne constitue pas une entreprise de désespérance mais de lucidité pour s’extraire de la déploration et du recours à une foi consolatrice pour ramener l’homme à l’homme.
Et challenge réussi pour Marie Véronique Raban qui, avec une mise en scène qui évite les écueils tant du didactisme que de la pontification, garde le cap sur la représentation théâtrale et assure une belle direction d’acteur avec des comédiens qui jouent au diapason.
Sur le plateau où quelques meubles reconstituent un lieu unique, celui de la chambre de Nietzsche, Marie Véronique Raban incarne avec justesse la compassion humaniste de la garde-malade et Pierre Hentz apporte au « disciple » une bienvenue couleur tragi-comique.
Dans le rôle titre, Bertrand Monbaylet assure une composition époustouflante qui sans ressortir totalement au mimétisme traduit la gestuelle agitée d’un homme à la dérive qui est encore un peu ici et maintenant mais déjà ailleurs, le regard à la fois perçant du voyant et celui égaré du dément et les fulgurances d’un esprit qui brûle ses dernières cartouches.

Martine Piazzon.  »

ET LES DATES :

NIETZSCHE
De Bruno Roche et Francis Marfoglia
Mise en scène Marie Véronique RABAN
Avec
Bertrand MONBAYLET dans le rôle de Nietzsche
Pierre HENTZ dans le rôle de Monsieur Paul
Marie Véronique RABAN dans le rôle d’Ariane, l’infirmière
THEATRE du NORD OUEST
13, rue du Faubourg Montmartre 75009 – ¨PARIS
Prix des places TR 13€ Tarif 23€ Billetreduc 10€
DATES

à 20h45

Jeudi 11 Avril 2013 PREMIERE
Mercredi 17 Avril
Mardi 23 Avril
Jeudi 25 Avril
Mardi 30 Avril

Jeudi 2 Mai
Mercredi 8 Mai
Mercredi 15 Mai
Mercredi 22 Mai
Mercredi 29 Mai

Mercredi 5 Juin
Dimanche 9 Juin
Samedi 15 Juin
Mercredi 19 Juin DERNIERE au TNO

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A très bientôt !

Lou FERREIRA

 

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salomé de levy dhurmer 1896

Salome et Iokanaan (Levy-Dhurmer, 1896)

Je reviendrai très vite à la philosophie, mais je perds tellement de temps à bavarder stérilement sur Hegel et Platon avec nombre de mes élèves, que je veux ici, rappeler les travaux plus sérieux des uns et des autres. Ou leur clin d’oeil d’esthète que je manque rarement…

Regardez ce joli site sur l’esprit fin-de siècle et les décadents :

http://www.lettres-et-arts.net/histoire_litteraire_19_21_emes_siecles/127-salome_oscar_wilde

On s’y distrait un temps pour se souvenir encore et encore de la danse fin-de vie de la belle Salomé wildienne.
Ou de la danse macabre de Gautier ! Quelle vitalité cette littérature-là justement !

D’ailleurs, connaissiez-vous l’ouvrage de Frank PIEROBON : http://www.demandezleprogramme.be/La-tragedie-du-regard ?

pierobon

Ce brillant philosophe et dramaturge a été membre de mon jury de thèse en 2011. Exigeant , fascinant et mordant à souhait !

A très vite pour vos actualités et mon prochain Salon Littéraire fin Février !

Lou FERREIRA

Aubrey Vincent BEARDSLEY - Herodias et Salomé

Evidemment : Aubrey BEARDSLEY « Hérodias et Salomé »

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Diderot.

Cela faisait quelques temps que je lisais de nombreux articles de Jacques Darriulat, professeur de philosophie esthétique à Paris IV. Au fur et mesure s’est installée une évidence : ce site est probablement le meilleur site de philosophie esthétique qui existe en France.
Que ce soit Proust, Nietzsche, Platon, Cézanne ou Montaigne (et tant d’autres !), si vous avez envie d’approfondir la pensée de quelques philosophes, de vous nourrir d’une idée artistique ou d’en critiquer la valeur esthétique, ce site est un outil essentiel, profond et d’une richesse inépuisable puisque c’est l’intention première de son auteur. Un travail constant qui souligne le respect qu’il a de ses lecteurs…

Alors belles réflexions à tous ! : index.html

SURTOUT, NE VOUS LAISSEZ PAS DÉCOURAGER PAR LA PAGE D’ACCUEIL AUSTÈRE…. ALLEZ PLUS LOIN, VOIR TOUTES LES PAGES MASQUEES.

Merci et belle soirée,

Lou Ferreira

Camille Claudel. (Juste le plaisir de la regarder…)

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Chers Amis,

Et si vous preniez quelques minutes pour accompagner ces réflexions premières, celles qui se sont imposées à moi lorsque j’ai abordé l’œuvre du grand Wilde ?

Vous le savez, Oscar Wilde surprend sur un point précis quand on se penche sur la totalité de son œuvre littéraire et artistique : il est juste de le considérer en tant que dramaturge, ses pièces ayant été jouées de son vivant, avec –pour la plupart- un succès considérable qui perdure aujourd’hui dans le monde entier. Il est tout aussi juste de le considérer comme poète, ne serait-ce que pour la beauté du style et du thème de « la Ballade de la geôle de Reading », (poème rédigé à sa sortie de prison). On peut également respecter son œuvre en tant que romancier, puisque son Portrait de Dorian Gray demeure l’un des romans les plus lus au monde également.

Mais, ses contes, ses nouvelles, ses essais, ses aphorismes et ses lettres (dont la plus précieuse « De Profundis » est régulièrement lue sur les scènes parisiennes), tous ses travaux témoignent d’une volonté impressionnante de tester son imagination, et de la mettre au service de tous les styles de figure littéraire. Au moins.
Mais si l’on prend un peu de recul, en moins de dix années, la majeure partie de son œuvre est rédigée. Comme s’il était pressé, avide de tester ses talents littéraires pour prouver que le Beau peut s’apprécier dans un savoir-faire multiple. Mais aussi pour vérifier que les effets produits par son imagination artistique, ont des répercussions réelles et efficaces sur un large public, sur le lecteur dans son intimité, et par conséquent, sur le développement de sa propre individualité.

En ce sens, Oscar Wilde se présente comme un artiste insatiable, alternant des périodes d’absence de concrétisation (c’est-à-dire que Wilde ne semble jamais avoir eu de problème d’inspiration, mais de volonté de concentrer son énergie débordante en réalisations plus soutenues), et celles, plus boulimique d’un travail dont la densité de la réflexion surprendra.
Mais que veut prouver Wilde en diversifiant son style et sa parole vive ? Aurait-il quelque chose à combler, à transformer ou à masquer pour se plonger avec autant d’avidité sur une pluralité de formes hybrides que son esthétisme saura toujours mettre en valeur ?
Si André Gide ne nous avait pas rapporté l’aveu du poète –souvent mentionné- : « Il faut que quelque chose d’autre arrive », nous en aurions eu au moins l’intuition. Ce feu d’artifice de style renseigne sur l’incapacité de Wilde à supporter l’ennui.
Tout ce qui a été prouvé, démontré, ou reconnu, doit être dépassé et il apparaît que son enthousiasme est alors mis à rude épreuve.

Nous comprenons l’enthousiasme tel que Platon l’avait pensé, c’est-à-dire cette forme d’irrationalité chez l’artiste qui donne l’impression qu’il s’agite et crée avec empressement comme s’il était inspiré des dieux. Ce n’est qu’une impression première, et il est évident que cette inspiration divine reste tout à fait symbolique. Elle participe de ce pouvoir réel et maîtrisé chez Wilde, de s’approprier toutes les figures de styles possibles, pour en faire des chefs- d’œuvre ou des écrits à succès qui, pour certains, n’ont jamais cessés d’être joués ou lus depuis leur création ou leur publication .

Il y a également le fait que Wilde désirait s’adresser à tous. La beauté et l’art devaient être accessibles au plus grand nombre puisque c’était une des conditions du vivre mieux. Disons que le moyen de vivre mieux passe par la ferveur artistique, et que le but de l’épanouissement personnel et social se posait dans le fait d’être un artiste, absolument.
Le Beau concerne donc la société et les individus dans leur ensemble, et pour accéder à leur sensibilité et leur intelligence esthétique, il était nécessaire, non seulement d’en élaborer une théorie, puis de prouver qu’il était possible de l’adapter à toutes les formes d’expressions littéraires qui avaient pour fonction de sensibiliser les êtres, et transformer leur vision des hommes, des choses et d’eux-mêmes.

Dans le même temps, Wilde se testait : un artiste dont les mots constituent la matière première de son art, doit savoir sans cesse se renouveler, développer une imagination prodigieuse qui va chercher au-delà du déjà-vu, ce qui se cache et ce qui se joue derrière les apparences ou dans l’apparaître même. Pourvu que la beauté soit au rendez-vous, avec l’espoir de provoquer un enthousiasme ou des sentiments plus nuancés…
La création de Wilde, nous l’avons dit, se propose sous des formes pluralistes, multiformes, mais qui existaient en lui sous des formes nuancées de couleurs en puissance . Dans l’ombre, l’histoire de son enfance et de son adolescence préparait cet acte de création qui est la mise en lumière d’une œuvre déjà-là, à libérer de l’ombre de ses ancêtres pour être.

Lorsque nous évoquons les agirs de Wilde, c’est bien en le différenciant du produire. C’est-à-dire, qu’il y a dans l’histoire de l’œuvre wildienne, un préambule qui n’est pas l’œuvre elle-même, mais qui l’annonce. Par exemple, les conférences de Wilde aux Etats-Unis en 1882, sont antérieures à la majorité de ses œuvres les plus connues, et pourtant, elles annoncent sa production et la couleur de ses futures provocations. Wilde se dirige vers son art, il prépare ses armes en vue de son esthétique théorique et pratique.

Pour cela, la distinction première qu’il nous faut envisager se fixe avec les trois états d’être et de faire son art : la provocation, la subversion et la contestation. Comment situerons-nous l’agere et le facere de l’œuvre de Wilde ?
La contestation, se situe principalement dans des discussions assez vives que Wilde a pu entretenir avec certains porte-drapeaux d’une esthétique qu’il partageait plus ou moins (par exemple, ses diatribes à l’encontre de Whistler ou certaines critiques artistiques sans grand enjeu).
L’attitude de Wilde consistera tout autant à mettre en évidence ses contestations contre de multiples idées reçues (dans « Intentions » ou « l’âme de l’homme sous le socialisme »), mais les réactions se limiteront à des pamphlets et du cynisme de la part de ceux qui s’attaqueront à lui. Cependant, ces contestations vont nourrir les provocations de part et d’autre parce que les virulences esthétisantes de Wilde se font en public ou par voie de presse. Il aime les mises en scène, même lorsqu’il est acteur de sa propre pièce.

Nous l’avons vu, la provocation incite souvent au conflit physique (ce sera son cas, mais en prison. Son corps ne sera pas proposé en duels –fréquents à son époque – mais la loi lui en imposera un autrement) : Il y a cependant toujours l’idée d’un défi à lancer, et nécessairement à relever en face, c’est-à-dire, où se positionnent les attentes de Wilde. En revanche, dans la notion de subversion,un nouveau stade est proposé : le passage à l’acte de la contestation à la déstabilisation d’un ordre et d’une esthétique académique.

Le processus créateur chez Wilde nous apparaît cohérent dès le départ. Il se veut poète, certes, mais annonce à ses professeurs d’Oxford qu’il sera célèbre. Il conservera ce besoin viscéral de la parole vive qui enivre l’autre pour le rallier à ses causes. Wilde est un actif. Pragmatique.
Provoquer est certes son grand jeu, mais attaquer et changer en profondeur le monde par l’art, est plus proche du comportement wildien, nous l’avons aperçu. Pourtant, avant de faire partie de l’histoire de l’Art, l’esthétique de Wilde avait des assises. Des fondements philosophiques, et métaphysiques qui n’étaient pas toujours en opposition avec le réel. Pour ce, il faut accéder à la plupart des intuitions artistiques de l’auteur, et voir comment elles peuvent se constituer en Esthétique de la décadence ou de la provocation comme impulsion en faveur du beau.
Vous verrez chers amis, c’est assez fascinant…

Et il change vraiment la vie….

Texte intégral de Lou FERREIRA

Chez Lou. Photo Francine H.F

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« Etre un enfant illégitime était une condition très simple en comparaison de celle dans laquelle nous nous trouvions. (…) Nous avions su ce que c’était qu’avoir un père fêté et admiré, et l’obligation maintenant de le renier et d’enfouir au fond de notre cœur jusqu’à son existence constituait, pour des enfants, un terrible fardeau à porter. »

Propos de Vyvyan Holland. (1)

Pascal Aquien pose la difficulté du nom de Wilde avec justesse : Pour présenter « De Profundis », il précise que ce texte, est aussi celui de la :

« consolidation du Moi après l’épreuve de la prison. (…) Wilde vise à récréer une image de lui-même que l’expérience carcérale à détruite ou mise à mal. (…) Par le truchement de l’autobiographie, il peut se reconstruire et redonner corps à son nom momentanément effacé. (L’homme Oscar Wilde, n’était plus que le prisonnier C.3.3) » (2)

Un nom. Retrouver son nom, tout ce qu’il symbolisait pour Wilde, mais l’être, l’essence même de ce nom que la prison a réduit à un corps, Michel Foucault l’a décrit : on ne touche plus au corps « en public », certes, mais ce sont de toute façon des châtiments qui visent le corps et atteignent l’âme, donc l’identité du prisonnier. Or la « chance » de Wilde est que même en prison, tout le monde le connaît. Sa gloire passée le préserve de l’anonymat absolu qui est la mort de l’être, dans de nombreux cas. Lorsque nous nous permettons de préciser qu’il a eu de la « chance », c’est parce qu’il a pu aussi bénéficier d’encre et de papier pour réécrire une partie des souvenirs, et évacuer momentanément le désespoir et la rage qui auraient déstructuré nombre de codétenus.
Mais cela n’en demeure pas moins un châtiment d’une violence inouïe. Si nous avons posé en exergue le souvenir de Vyvyan, c’est parce que le rejet de la femme d’Oscar Wilde et de ses fils, dans tous les lieux où ils se rendaient dès la fin du procès, les contraignaient à changer de nom : Holland. Ce nom est celui de la femme de Wilde et Vyvyan le portera avec fierté jusqu’au bout de lui en 1967.

Cependant rien n’efface le fait que le nom du père a été banni, bafoué, humilié et qu’il était impossible de le porter si les proches de Wilde voulaient survivre en paix. Nous aurions pu mettre en bas de page un détail de même importance, mais il faut se rendre compte que des décennies après la mort de Wilde, ce nom semblait devoir être enterré avec son auteur. Définitivement. Il aura fallu attendre 1963 pour que sur la tombe de la jeune femme Constance Lloyd –décédée avant son époux en 1898- on inscrive enfin : « épouse d’Oscar Wilde ».

Constance Lloyd , épouse d’Oscar Wilde

Sous le nom de crimes et de délits, on s’attaque en fait aux passions, aux instincts, et des familles entières, qui n’ont pas le temps de comprendre les mécanismes utilisés par le juridique, pour ignorer l’existence et l’identité de tous les êtres que l’on juge, ne peuvent, dans ce cas précis réaliser à long terme, ce que signifie, avoir été l’épouse et les enfants d’Oscar Wilde. Ils étaient assimilés à ce que les puritains considéraient comme « sale » et déshonorant et cela ne se discutait pas.
Pour beaucoup de prisonniers, le problème est aussi grave, nous ne l’ignorons pas. Mais avoir été de la famille d’Oscar Wilde, c’était plus compliqué. Vyvyan Holland raconte dans ses mémoires à quel point le silence était un devoir autour cette « affaire » et qu’aucune question ne devait être posée clairement, ou alors développée. C’est ainsi que le fils cadet de Wilde n’apprit qu’à l’approche de ses 20 ans, les motifs qui avaient conduit son père en prison.

Ses souvenirs à ce sujet sont éprouvants : lorsque son père meurt en novembre 1900, Vyvyan est âgé de treize ans. On le convoque pour lui annoncer en termes neutres que son père vient de décéder. Le jeune adolescent ne put jamais réellement faire son deuil : son père lui a été retiré alors qu’il n’était qu’un enfant, ensuite il doit changer de nom sans en comprendre les raisons, puis ce père disparaît et il doit se taire. Ce n’est qu’en 1949 que son épouse lui conseille de poser et d’imposer enfin son identité dans un livre troublant.

Que l’on nous pardonne ce passage biographique –que de meilleurs biographes auraient pu évoquer avec force détails significatifs-. Ce n’est pas de notre ressort. Mais il fallait au moins rappeler de quelles manières, les méthodes pénales tuent ce qui constitue l’essence d’un être dès sa naissance : son nom et son prénom. Il y a non seulement eu le scandale Wilde, mais il a été accompagné d’un anéantissement identitaire paternel et marital, auquel il a fallu faire face pendant des décennies. Et nous ne pensons pas que Merlin Holland, fils de Vyvyan Holland soit allégé de cette peine.
En excluant le nom de Wilde, on excluait son œuvre, sa gloire, son âme, avec un numéro : C.3.3. Pourtant, c’est avec ce numéro impersonnel que Wilde put vendre sans problème son œuvre ultime et une des plus belles : « La ballade de la geôle de Reading. » C’est là que le problème de l’identité en soi, ne s’annule pas complètement. C.3.3 dès 1898 signifiait Oscar Wilde. C’était un secret pour peu de monde, mais un monde déjà restreint.

Cela dit, où est le rapport que Sartre rappelle au subjectif ? Comment être certain que l’imagination représentant l’absent, est bien cet absent ? Il n’ y a peut-être qu’un seul choix : se souvenir de ce qu’il préférait, de ce qu’il était, de ce qu’il représentait et de ce qu’il a bousculé. Avec le nom de Wilde, il était possible de repenser ses rêves, de relire ses textes comme des testaments pour que l’homme en soi, l’être-en soi et l’être-pour soi apparaissent plus « vivants ». La qualité de Wilde se révèle alors dans un « il y a vers l’être Wilde ». Autrement dit, « qu’il existe une nouvelle teneur métaphysique de toute révélation de l’être ». Et de ce fait, tout ce qui contribue à l’anéantissement du nom de Wilde doit être combattu, c’est-à-dire qu’aucune passivité (de la part du fils de Wilde et de ses descendants, des éditeurs, des amis écrivains…) ne doit affecter personne au sens où il faut réaliser qu’il existe un contre- pouvoir en face (politique, social, juridique) et que l’être et le nom de Wilde (qui en est sa représentation), doit être arraché d’une néantisation qui le guette.

Le nom de Wilde est une problématique d’ordre ontologique. L’être préréflexif existe avant la décision arbitraire d’un tribunal, et avant la volonté puritaine de creuser la tombe du nom d’une famille sans aucun état d’âme, pourvu que leurs mœurs soient protégées d’un nom « Sali ». L’absence du nom de Wilde, est le phénomène qui renvoie aux multiples apparitions et significations qui, du coup, pose sa présence. Il faut alors que ce soit des projets qui prennent vie, et qu’avec son œuvre et les souvenirs de tous, (les plus précis possibles), on relie le passé qui avait un nom, au futur qui le reniait, pour dominer un nom éternellement présent. Wilde en tant que nom de père, d’époux, et Wilde en tant qu’artiste et esthète.

Le nom de Wilde n’est pas par essence la personne qu’elle est uniquement, cela est une conception limitée de la valeur d’un nom. Celui de Wilde est intimement re-lié à des parents, une communauté, des enfants, une œuvre, un mouvement littéraire etc. Il est impossible d’envisager qu’il y ait eu de nombreux combats pour le simple fait de se réapproprier un nom propre rappelant la personne elle-même. D’ailleurs, cela n’a pas été fait –jusqu’à nos dernières sources- : Merlin Holland, petit-fils d’Oscar Wilde a préféré conserver le nom de Holland en hommage à son père et sa grand-mère, mais cela n’a pas été incompatible avec sa volonté de lutter contre les mensonges qui se multiplient quotidiennement autour du « mythe » Wilde. Ni de se battre pour la réhabilitation d’Oscar Wilde .

Entre le nom de Wilde et le mythe de Wilde, il existe une autre incarnation qui n’est pas l’auteur sur lequel nous réfléchissons depuis le commencement. Le mythe Wilde s’apparente à un être christique, et de cela également, il faudra raccourcir l’ampleur des espoirs et des illusions qui trahissent un nom.
Le nom de Wilde était : Oscar Fingal O’ Flahertie Wills Wilde, et lui seul avait le droit de le raccourcir avec son humour non teinté de quelque prétention, mais signe d’une immense détermination. Ainsi, comme le rappelle Merlin Holland :

« Wilde fut plutôt gêné par cette pléthore de prénom, avant d’en faire un sujet de fierté à l’université. (Citant son grand-père, Merlin Holland poursuit) : « A mesure que l’on devient célèbre, on en écarte quelques uns, exactement comme un voyageur qui se déplace en ballon, lâche du lest pour monter plus haut….J’ai déjà jeté par-dessus bord deux de mes cinq noms. Bientôt j’en enlèverai un autre et l’on me reconnaîtra tout simplement sous le nom de « The Wilde » ou « The Oscar »

« The Wilde » : L’Etre hors du commun qui justifierait l’article défini, comme on dirait « Le Christ », ou Le « Prince ». L’Unique en soi. Celui que l’on ne confond avec personne et dont on se souvient pour longtemps, ou pour toujours. C’était le désir de Wilde, mais il va, paradoxalement, en se « punissant » d’être unique, le devenir vraiment. Wilde a usé de cela, mais il se considérait seul juge de sa vie, et sa « mission » s’apparentait à celle d’un Stirner qui a opéré une vraie critique sur sa destination intellectuelle, en dehors de tout assujettissement, pour que son être ne soit pas une supposition, une hypothèse, mais l’Etre posé là devant nous et dont le nom seul soit signifier l’ampleur du contenu de ce qu’il est et ce qu’il combat.
Oscar Wilde décide, choisit, s’autorise. Même dans l’errance à Paris, il choisit un autre nom : Sébastien Melmoth pour ne pas être reconnu par le propriétaire de l’hôtel d’Alsace où il finira ses jours, de peur qu’on le rejette, comme ce fut le cas de nombreuses fois, surtout à Dieppe dès sa sortie de prison. Ce n’est pas Oscar Wilde qui rejette son identité, ce sont ceux qui l’attachent à la perversité et au souvenir du procès.

Le propriétaire Dupoirier (de l’hôtel parisien), avait deviné –non pas la véritable identité de son locataire-, mais sa générosité fut si impressionnante (il accepta les dettes de Wilde jusqu’à la fin de son séjour à l’hôtel), pressentant ainsi, que ce devait être quelqu’un d’unique. Le propriétaire avait regardé Wilde, il avait compris sans aucun élément de réponse que « The Wilde » était un locataire maître de lui malgré sa fatigue et surtout sa discrétion, qui visiblement n’était pas uniquement celle d’un être ordinairement bien élevé.
Il ne jouait pas à être The Wilde comme le dit Sartre, il était responsable de son être, et s’est toujours constitué comme fondement de lui-même, qu’il a rejoint avec tout son sens et sa résistance.
Le nom de Wilde est ainsi et avant tout, attaché à un engagement profond de valeurs éthiques et esthétiques qu’aucun pseudonyme, ni même un numéro n’effacent aisément, mais se rattachent inévitablement au nom de Wilde, comme une évidence.

LOU FERREIRA

(1) Vyvyan Wilde, fils d’Oscar Wilde, Paris, Flammarion, 1949, p.113
(2) Oscar Wilde, Présentation P. Aquien, in « Œuvres » Op, cit, p.1335

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Editions de l’Amandier / Théâtre.

Oscar Wilde avait laissé entendre que cette pièce de jeunesse mettait d’abord en scène une histoire d’amour entre Véra et le tsarévitch, alors que le but premier était d’anéantir le tsar et nécessairement tout ce que représentait son pouvoir. Effectivement, tout au long des quatre actes, il est aisé de voir percer l’affection grandissante que Véra éprouve pour cet homme, qui semble comprendre les souffrances et les revendications du peuple. Elle refusera non seulement de l’assassiner, mais ne le laissera pas non plus se suicider (c’est l’intention du jeune homme à la fin de la pièce) : c’est elle qui met fin à ses jours.

Le thème choisi par le jeune Wilde, les revendications énoncées (le problème de la famine, l’écrasement du pouvoir, l’impossibilité d’accéder et de penser le Beau etc.), tout renseigne sur les sympathies politiques, philosophiques et la ferveur qui le rendaient au moins solidaire avec ses contemporains russes.

A n’en pas douter, Oscar Wilde connaissait les réactions politiques et littéraires des nihilistes russes depuis les années 1860 avec les hauts faits d’un Netchaïev, les ouvrages des Pissarev et de Tchernychevski.

Le révolutionnaire Serguei Netchaiev, grande figure du mouvement des nihilistes russes des années 1860

Ces mouvements désespérés et contestataires intéressaient et plaisaient à Wilde, ceux-là même qui pousseront Nietzsche à réfléchir sur l’impasse de ce mouvement extrémiste dont le leitmotiv était « vivre libre, mourir jeune ». (Il élaborera en grande partie la théorie du surhomme à partir de ce qu’il considèrera être un échec philosophique et politique. Tout du moins une réaction et une prise de position limitées).

« Le jeune socialiste Wilde, avec ce drame historique situé dans la lointaine Russie, voulait écrire un hymne à la liberté, contre la tyrannie » écrit Marie Claire Pasquier . Mais il me semble amusant de rappeler que non seulement plusieurs « Véra » ont réellement existé , mais qu’en dehors de l’héroïne de Tchernychevski dans son « que faire ?» (qui se prénommait aussi Véra), il y eu une autre intellectuelle, connue dans ce mouvement révolutionnaire qui a rédigé sa propre autobiographie intitulée « une nihiliste ». Son vrai nom est Sophia Kovalevskaïa, mais elle emprunte également le prénom de Véra. C’est une jeune fille de général, féministe et mathématicienne qui finira (comme dans la pièce de Wilde) par délaisser les agitateurs de son époque dont les revendications lui semblaient limitées, au profit d’une histoire d’amour intense.

Il ne nous semble donc pas étonnant que Wilde ait choisi ce prénom, encore moins qu’il se soit inspiré de la nature effervescente, (romantique par certains aspects), mais surtout anti-autoritaire de ces femmes qui tenaient tête à toutes les injonctions politiques et morales de leur époque, pour décider de leur destin. Le jeune Wilde est impressionné par le caractère décidé et autoritaire de ces femmes, ce qui paraîtra contradictoire avec certaines invectives apparemment misogynes. Pourtant lorsque Wilde rédigera son essai sur L’âme de l’homme sous le socialisme, il s’adressera à tous, et attribuera même certains passages à la condition féminine de la fin du siècle qu’il déplore. En particulier leur absence de position sociale, et le carcan dans lequel le mariage les emprisonne.

Lorsque Wilde fait dire à Véra : « Mais nous les nihilistes, nous lui avons (au peuple) maintenant donné à manger de l’arbre de la connaissance et le temps des souffrances silencieuses a pris fin pour la Russie », On retrouve l’urgence de la culture, du travail de la raison et des savoirs à transmettre au peuple pour le sauver du joug des oppresseurs. Pour Wilde, éduquer, politiser le peuple, c’est la première des solutions à envisager pour que tous finissent par accéder à l’esthétique comme perfectionnement de l’âme humaine. Il attribue donc un rôle central aux êtres de savoir (philosophes, politiques socialistes ou libertaires, et artistes) pour aider la population inculte et démunie, afin qu’elle prenne conscience de l’emprisonnement éthique et économique dans lequel elle se trouve.

Oscar Wilde croit qu’il peut par la bonne volonté, sa culture et ses déterminations, transformer la vision du monde appauvrissant dans lequel se perdent ses congénères.
« Le temps des souffrances silencieuses a pris fin pour la Russie » fait-il dire à Véra. C’est une injonction forte. Wilde propose le cri, le bruit. Il envisage dans cette pièce, (mais il le fera dans ses conférences et dans ses actes toute sa vie), de montrer et de dire à voix haute, voire de mettre en scène ce qui ne peut plus se taire. La ruine des valeurs sur lesquelles s’est construite la Russie Tsariste, manifeste le vide de sens et l’absence de projet qui caractérise le peuple en révolte.

Dans la bouche de Véra, Dieu semble déjà mort, mais pas pour Wilde. Ce qui ne l’empêche nullement de prendre fait et cause pour les colères de tous les peuples opprimés, mais sa particularité est de sortir ses personnages d’un rôle essentiellement politisant, nihiliste ou utilitariste.
En effet, Véra se poignarde pour que le jeune Tsar –qu’elle a fini par aimer- ne le fasse. Et elle meurt en étant convaincue que son but était de « sauver la Russie ».
On pourrait se dire que Wilde jouit de l’improbable, mais ce serait sans intérêt. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il se refuse décidément à exclure la passion amoureuse, le geste romantique et la beauté de l’intention. L’auto-destruction, éventuellement, mais toujours pour le beau ou l’amour. Mourir pour le peuple lui paraît limité et insuffisant, même s’il admire Kropotkine, Stirner et les actes de foi libertaires jusqu’au désespoir.

Il y a une valeur au-dessus du strict politique et matériel, c’est l’arbre de la connaissance, et l’Art. Chez Wilde, c’est ce qui transforme une intention nihiliste en surhomme esthétique dirions-nous.

LOU FERREIRA

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Première tombe d’Oscar Wilde (1900-1909) au cimetière de Bagneux.

Deuxième tombe de Wilde -sculptée par Jacob Epstein- au cimetière du père Lachaise à Paris.

Cette seconde photo me donne l’opportunité de présenter un auteur que tous les lecteurs de Wilde connaissent : Jim Yates.

Je l’ai rencontré dans mes salons Littéraires et lors de diverses commémorations wildiennes. C’est un être particulièrement chaleureux, haut en couleur ! Il aime la vie, c’est un hédoniste altruiste (l’expression est malheureuse, mais la précision est importante) et son ouvrage ci-dessous : « Oh père Lachaise » n’exclut en rien certains questionnements philosophiques que Wilde aurait pu se poser par-delà sa pierre tombale …
Jim Yates m’a gentiment transmis deux présentations de son ouvrage :

La première en anglais, la seconde dans un français qu’il n’a pu mieux traduire, mais qui présente l’avantage de pouvoir être lu par ceux qui ne lisent pas l’anglais.

En anglais :

 » At the beginning of Oh! Père Lachaise, Oscar Wilde has been dead for years. His corrupted body has been lain to rest first at the Bagneux Cemetery in Paris and later disinterened and reburied at the Parisians most favourite place: the cemetery of Père Lachaise.

After a turbulent life, surely Wilde’s restless soul could expect to find peace at last and a place in Paradise. But in the Purgatory attached to the famous Parisian graveyard, his soul is uneasy. He is confused by his exclusion from Paradise and tormented by memories of a past besmirched by betrayal, most of all his loving wife Constance and his sons, Cyril and Vyvyan, still children when he was imprisoned, never to see them again.

Yet Oscar’s years in Purgatory have not been without recompense. With his wit intact he has captivated the souls of Père Lachaise. He had continued to write on an attempt to utilise his talents, which were maturing when virtually destroyed by his trials, imprisonment and premature death. Most important, he has made new friends. Amongst the rich cast of characters whose souls surround him in Purgatory are the American singer Jim Morrison, whose grave is both the most vested and yet the most desecrated in the cemetery. Other friends include Chopin, Seurat, Edith Piaf, Alfred de Musset, Colette, Proust, Jane Avril, Delacroix and Balzac.

As Oscar’s soul declines further and he slides into deep depression, developing obsessions about his genius, his friends rally around him in an attempt to restore the writer to well-being and perhaps guide him into Paradise.

Jim Yates’ Oh! Père Lachaise marks an extraordinary debut. It is richly discursive, often amusing but also a philosophical novel about the debt we each owe to our past, to the nature of our being and the healing qualities of love. It is a fine addition to the vast library about that most iconic of figures: Oscar Wilde « .

En français tel qu’il me l’a proposé : j’aime le charme des imprécisions. J’y perçois toujours les efforts de l’autre pour se faire comprendre.

 » Au commencement de l’ouvrage « Oh! Père Lachaise » , Oscar Wilde est mort depuis des années. Son corps allongé pour se reposer d’abord au cimetière de Bagneux à Paris sera plus tard enterré à l’endroit favori des Parisiens: le cimetière du Père Lachaise.

Après une vie mouvementée, l’âme sûrement agitée de Wilde s’attendait à trouver enfin la paix et espérait une place au paradis. Mais dans le Purgatoire parisien, elle est mal à l’aise. Il est déçu par cette exclusion et tourmenté par les souvenirs d’un passé entaché par les trahisons qu’il a fait subir à son épouse aimante Constance et la peine endurée par ses fils, Cyril et Vyvyan, (encore enfants quand il avait été emprisonné), et que l’on avait interdit de revoir.

Pourtant, ces années d’ Oscar passées au Purgatoire n’ont pas été sans récompense. Avec son esprit vif intact, il a captivé les âmes du Père Lachaise. Il a continué à écrire sur tous ceux qui tentaient d’utiliser ses talents, et s’est fait de nouveaux amis. Parmi les riches personnalités que comptent les âmes du Purgatoire , il s’y trouve l’Américain Jim Morrison, chanteur, dont la tombe est à la fois la plus proche mais aussi la plus profanée dans le cimetière. D’autres amis partagent sa vie : Chopin, Seurat, Edith Piaf, Alfred de Musset, Colette, Proust, Jane Avril, Delacroix et Balzac.

Pourtant l’âme d’Oscar décline de plus en plus… Il tombe dans une profonde dépression et développe des obsessions à propos de son génie. L’effort de ses amis pour espérer apporter un bien-être à l’écrivain et peut-être le guider dans le Paradis enfin ne seront pas aisés.

« Oh! Père Lachaise » de Jim Yates est une nouveauté : c’est un ouvrage riche en propositions éthiques, souvent drôles mais aussi un roman philosophique sur la dette que nous avons tous face à notre passé, à la nature de notre être et aux mérites guerisseurs de l’amour. Il s’agit d’un bel ajout à la vaste bibliothèque du sujet qu’est Oscar Wilde. »

Merci cher Jim !


« Portrait » de l’auteur (avec son aimable autorisation)

Lou.F

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