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Aubrey Vincent BEARDSLEY - Herodias et Salomé

Aubrey Vincent BEARDSLEY – Herodias et Salomé

Chers Amis,

Une promenade dans l’Art Nouveau avec le jeune Aubrey Beardsley (disparu à l’âge de 25 ans de la tuberculose) : du génie, de la passion et une inspiration en hommage à la « Salomé » de Wilde qu’il nous est difficile d’oublier aussi…

J’aimerais connaitre les références exactes de ce court film de 2 mns 30 :

Et voici deux sites très intéressants sur l’Art Nouveau et sur Aubrey Beardsley : Vous y trouverez une biographie en Anglais nécessaire pour approcher l’oeuvre de l’auteur. Merci à tous pour ce travail !

http://beardsley.artpassions.net/

ET PUIS :

http://lartnouveau.com/artistes/autres_pays/beardsley.htm

Belle détente à tous !

LOU FERREIRA

aubrey beardsley

Aubrey Beardsley

PIERRE   De Bonneuil - Oscar Wilde

Portrait de Wilde par Pierre de Bonneuil


Chers Amis,

j’ai eu l’occasion d’évoquer sur ce site, la pertinence et la délicatesse des propos de Pierre de Bonneuil, dès qu’il s’agit de rappeler la pose et la prose des dandies d’excellence.

A priori, cette expression pourrait surprendre parce qu’elle semble ne rien signifier de précis… Pourtant, Pierre de Bonneuil évolue avec une conjugaison de rigueur et de bonheur nécessaire à chaque portrait qu’il nous propose, et 2014 verra la publication de deux ouvrages sur le Dandysme (entre autre… Mais shut …)

Evidemment, Oscar Wilde demeure dans son « sillage », (ne serait-ce que par la qualité de son trait offert ci-dessus), et aujourd’hui, il nous propose de rappeler les circonstances qui ont tenté Oscar Wilde vers la Franc-Maçonnerie.
La journée est belle sur les bords de Loire, prenez un thé, et lisez le texte ci-dessous :

« Oscar Fingal O’Flahertie Wills Wilde (qui a abandonné ses autres prénoms en 1877 ) est né à Dublin, en Irlande, le 16 Octobre 1854 et dès le plus jeune âge a montré toute la promesse de devenir un universitaire impressionnant. En 1871, il a été admis au Trinity College, à l’université de Dublin et a remporté une bourse qui l’a mené directement de l’Irlande au Magdalen College, à Oxford, en Octobre 1874. Il avait à peine 20 ans.
Diverses personnes ont influencé son avenir à bien des égards. Parmi eux se trouvaient Walter Pater, John Addington Symonds et John Ruskin. Il était aussi en bon terme avec le prince Léopold, sixième fils de la reine Victoria, et cette connaissance encouragea son introduction à la franc-maçonnerie.

PIERRE  Installation du Prince Leopold

Installation du Prince Leopold

Le prince Léopold était un maçon accompli. C’était le prince de Galles, futur roi Edouard VII, qui avait proposé, en 1874, le Prince George Duncan Albert Léopold, duc d’Albany pour l’initiation à l’Apollo University Lodge n ° 357, alors qu’il était encore étudiant à Christ Church. En 1875, il a été nommé Vénérable Maître de la Loge et Grand Maître Provincial pour Oxfordshire.
Oscar Wilde se serait senti en terrain familier quand son collègue John Edward Courtenay Bodley s’approcha de lui, en vue de rejoindre l’Apollo University Lodge n ° 357. Bodley a été très impliqué dans l’administration maçonnique. Il était le responsable de plusieurs bals et a été nommé secrétaire junior de l’Apollo Lodge University, directeur des cérémonies de la Churchill Lodge et devint plus tard le Grand Secrétaire de la province de Oxfordshire.

Le 16 Février 1875, ce cher Wilde a été proposé à l’Apollo University Lodge par Sinclair Frankland Hood du Magdalen College et appuyé par John Edward Courtenay Bodley. Le scrutin s’est déclaré en sa faveur. Dans son journal, Bodley écrit: Williamson & Wilde – déjeuner à la Mitre. W. a été subjugué par les symboles. 3 ème degré …
Voici des échanges qui correspondent à la première cérémonie de sacrement :
Vénérable Maître : Quel est le mot ?
Premier Conspirateur : Nabat …
VM : La réponse ?
2e C : Kalit …
VM : Quel heure est-il ?
3e C : L’heure à souffrir …
VM : Quel jour ?
4e C : Le jour de l’oppression …
VM : En quelle année ?
5e C : L’année de l’espoir …
VM : Combien sommes-nous ?
4e C : dix, neuf et trois …

PIERRE  Certificat Maçonnique de Wilde

Certificat Maçonnique de Wilde

La carrière maçonnique d’Oscar Wilde couvrit une période de quatre ans. Elle était comme une seconde nature de son caractère. Il était fasciné par les degrés.
Les Officiers portaient un ensemble promu par le jeune étudiant : culotte courte, queue de pie, cravate blanche, bas de soie et des chaussures comme ils l’ont fait pendant deux siècles.

PIERRE  Photographie de Wilde en tenue Maçonnique

Photographie de Wilde en tenue Maçonnique

L’ordre semble aussi avoir mis en évidence la série des dépenses qui causa une certaine gêne. À trois reprises, il a été convoqué devant la Cour du chancelier où l’action a été intentée contre lui pour non-paiement de dettes. Elles impliquaient l’achat d’insignes maçonniques.

En mai 1897, Robert Ross lui demanda – dans une lettre – s’il avait rencontré des francs-maçons en prison, à laquelle Oscar répondit :
Yes, it was very terrible. As I was walking round the yard one day I noticed that one of the men awaiting trial was signaling to me by Masonic sign. I paid no attention until he made me the sign of the widow’s son, which no mason can ignore. He managed to convey a note to me. I found he was in for fraud of some kind and anxious that I should get my friends to petition for his release. He was quite mad, poor fellow. As he would always insist on signaling and I was afraid the warders would get to notice it, I persuaded Major Nelson to let me wear black goggles until he was convicted and sent to Portland.


Une version alternative se trouve dans le livre de Robert Sherard – The Real Oscar Wilde – publié en 1917
:

It was toward the end of my time and one day as I was walking round and round the prison yard at stranger to me. I could see from his clothes – he was not in prison dress – that he was a prisoner on remand. I took no notice of him at first because at the time I was on the Governor’s good books, Major Nelson had been very kind to me and I did not want to get reported for communicating with another prisoner in the exercise yard. It is a grave offence,. I had been punished once before. But when he had again attracted my attention he made that Masonic sign to me which is known as The Sign of the Widow’s Son. Which is an appeal from one brother mason to another when in direct distress which cannot be disregarded under any circumstances and must be responded to.

So I was obliged to respond to the man and very fortunately escaped attracting the attention of the warders, but I was determined not to run the risk again, especially as it was quite out of my power to help the brother mason. I asked to see the Governor after I got back to my cell and I told him how I was placed between my desire not to break the prison regulations and my pledged duty to my order. I did not, of course, indicate in any way who was the man who had signalled to me. And a ruse was decided upon. If my eyes were bad and I couldn’t see well I could not be expected to respond to Masonic signals.

So next time I went out to exercise I had been fitted by the prison doctor with a pair of dark blue goggles, and after that the man left me alone. »

Ce manuscrit est dédié à Lou Ferreira, Michel Setan et Daniel Salvatore Schiffer.
© Pierre de Bonneuil – 2013.

AVEC NOS REMERCIEMENTS

LOU FERREIRA

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Eugène Grasset - Juillet


Eugène GRASSET . Juillet.

Chers Amis,

Le philosophe et dandy Daniel Salvatore Schiffer m’a proposé il y a quelques semaines de faire partie du Jury littéraire Paris / Liège 2013.

Non seulement c’est un honneur, mais c’est surtout un bonheur ! La remise du prix aura lieu Le 17 Septembre 2013 et le jury sera composé de 9 auteurs ( 4 Français, 4 Belges et 1 Luxembourgeois).

Je peux vous assurer que la cordialité et la rigueur de nos voisins Belges est tout ce que je rêvais de croiser enfin ! De belles rencontres en perspectives …

Voici la liste des ouvrages sélectionnés :

Aimer (quand même) le XXIe siècle de Jean-Louis Servan-Schreiber chez Albin Michel
Chateaubriand de Jean-Claude Berchet chez Gallimard
Enquête sur des Modes d’Existence de Bruno Latour chez La Découverte
Fukushima, Récit d’un désastre de Michaël Ferrier chez Gallimard
La Conscience métisse de Daryush Shayegan chez Albin Michel Bibliothèque Idées
La Fin du Village de Jean-Pierre Le Goff chez Gallimard
L’Etoile jaune et le Croissant de Mohammed Aïssaoui chez Gallimard
L’homme simplifié – Le syndrome de la touche étoile de Jean-Michel Besnier chez Fayard
L’Islam au coeur de nos villes de Jean-Michel Corre chez Couleur livres Question de Société
Misère de la Pensée économique de Paul Jorion chez Fayard
Passions. La Princesse de Clève de Jean-Michel Delacomptée chez Arléa – Diffusion Seuil
Pierre Benoit. Le romancier Paradoxal de Gérard de Cortanze chez Albin Michel
Que diraient les animaux si … on leur posait les bonnes questions de Vinciane Desprest chez Les Empêcheurs de penser en rond
Remake de Jean Imbeault Editions l’olivier penser/rêver
Une autre existence – La condition animale de Florence Burgat chez Albin Michel
Une autre vie est possible de Jean-Claude Guillebaud chez L’Iconoclaste

Toutes les informations essentielles sont ici : http://www.paris-liege.be/node/1

Léon Bonnat - Portrait de Victor Hugo

Léon Bonnat – Portrait de Victor Hugo

La presse s’en fait régulièrement l’écho (par exemple l’année dernière Jean-François KHAN et Michel ONFRAY étaient les invités d’honneur et conférenciers de ce prix). Le maire de PARIS, Bertrand Delanoé s’y est associé :

 » Le Maire de Paris, Bertrand Delanoë, souligne qu’il est « naturel d’exprimer l’amitié entre nos deux villes par un grand évènement célèbrant la culture francophone ». Avec la somme de 10 000 euros accordée au lauréat, le « Prix Paris-Liège » devient le concours littéraire le plus important en francophonie, tous genres confondus »

( http://www.todayinliege.be/Nouveau-Prix-Litteraire-Paris.html )

Je vous donnerai d’autres informations – autorisées- à venir, et vous serez informés bien entendu de la désignation du Lauréat.

A très bientôt à tous !

LOU FERREIRA

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Lou FERREIRA. Dans son bureau. Photo Christine CALAIS

Jean BERAUD - La Soirée

Jean BERAUD – La Soirée

Chers Amis, je viens de prendre connaissance grâce à un ami esthète Florent Thomas, d’un bal qui aura lieu ce Jeudi 4 JUILLET à PARIS dès 19h30 !

Il est encore temps de vous inscrire !

Suivez ces informations : http://www.comedie-francaise.fr/lebal/

Ou celles-ci : http://www.comedie-francaise.fr/mecenat-entreprises.php?id=601

Régalez-vous !!

LOU FERREIRA

Gilbert Victor Gabriel

Gilbert Victor Gabriel

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ON SE RETROUVE TOUS DEMAIN A 20H45 AU THÉÂTRE DU NORD-OUEST !

POUR ZWEIG , MES MAGNIFIQUES COMÉDIENS ET MOI 🙂

POUR RÉSERVER : http://www.billetreduc.com/84597/evt.htm


LOU FERREIRA

Willaim Henry Margetson - The Morning Walk

Willaim Henry Margetson – The Morning Walk

Gaston La Touche - Le Bal

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CHERS AMIS !

IL EST ENCORE TEMPS DE PRENDRE CONNAISSANCE DE CES INFORMATIONS POUR VOUS JOINDRE AUX BALS !

« Bonjour à tous,
les infos demandées par l’une d’entre vous, qui peuvent servir à tout le monde (déjanté ou non):
vendredi 14 au soir les grandes eaux et le grand bal masqué du château de Versailles

http://www.chateauversailles-spectacles.fr/fr/spectacles/2013/le-grand-bal-masque-de-kamel-ouali

Dites quel costume vous aurez sinon on risque de ne pas se reconnaître avec nos masques.
dimanche 16 la journée Grand Siècle à Vaux-le-Vicomte et le samedi 22 le dîner des Muses sur le thème « vert et blanc » (donc celle qui a la robe de Scarlett O’Hara au début du film est déjà toute prête!):

http://www.vaux-le-vicomte.com/actualites#3816

et notre appel de fonds pour l’expo « Art Nouveau » de mon collectif photo en prime! Collecte de 19 jours:

http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/art-nouveau?ref=similar

Partagez, De la part de Christine Calais et de l’association Cinequanon »

Valses de Vienne 6

Valses de Vienne. (je ne retrouve plus l’auteur….)

Giovanni Boldini - Da Swish Mastah


Giovanni Boldini – Da Swish Mastah

S’il n’y avait pas les sourires, les drapés, les dentelles, les bijoux en cascade ou les regards envoûtants des belles Mondaines et des esthètes immortels, les peintres inspirés auraient peint quoi ?
La beauté de la nature et ceux qui la rendent émouvante, cela ne fait aucun doute.

Mais cela ne suffit pas.

L’imagination et l’Art du sensuel ou du Beau ont d’autres critères que les artistes-peintres (hommes et femmes) entrainent dans un amour du luxe parfois, mais surtout du raffinement et de l’élégance, qui eux seuls, nous permettent de mieux vivre ou de rêver le détail d’un taffetas brodé ou d’un gant oublié dans l’empressement.
Pour réinventer une vie.

L’essentiel.

Il ne restait qu’à remercier Monsieur Giovanni Boldini, parce qu’il a eu cette générosité -dirais-je-….

Giovanni Boldini - Cléo de Mérode 1901

Giovanni Boldini – Cléo de Mérode 1901

Giovanni Boldini - Portrait  of Princess Marthe-Lucile Bibesco

Giovanni Boldini – Portrait of Princess Marthe-Lucile Bibesco

Giovanni Boldini - Mademoiselle de Nemidoff

Giovanni Boldini – Mademoiselle de Nemidoff


ET ENFIN POUR MIEUX CONNAITRE GIOVANNI BOLDINI Voici un petit clin d’œil à l’Artiste !


http://www.eternels-eclairs.fr/tableaux-boldini.php

A BIENTÔT !

LOU FERREIRA

Giovanni Boldini - La Marchesa Luisa Casati With a Greyhound

Giovanni Boldini – La Marchesa Luisa Casati With a Greyhound Evidemment…..

Charles Baudelaire 1863

Charles Baudelaire 1863

Chers Amis,

Il y aura toujours quelque chose à réinventer ou à ne plus définir à propos du Dandy, mais quand il s’agit de la prose de Monsieur Baudelaire, je ne résiste pas ce matin à vous retranscrire -à partir, vous le savez, du « Peintre de la vie Moderne »-, son texte, son idée mélancolique et tout à la fois solaire du Dandy :

Le peintre de la vie moderne
Eloge de Constantin Guys, publié pour la première fois en 1863

LE DANDY

« L’homme riche, oisif, et qui, même blasé, n’a pas d’autre occupation que de courir à la piste du bonheur; l’homme élevé dans le luxe et accoutumé dès sa jeunesse à l’obéissance des autres hommes, celui enfin qui n’a pas d’autre profession que l’élégance, jouira toujours, dans tous les temps, d’une physionomie distincte, tout à fait à part.

Le dandysme est une institution vague, aussi bizarre que le duel; très ancienne, puisque César, Catilina, Alcibiade nous en fournissent des types éclatants; très générale, puisque Chateaubriand l’a trouvée dans le forêts et au bord des lacs du Nouveau-Monde. Le dandysme, qui est une institution en dehors des lois, a des lois rigoureuses auxquelles sont strictement soumis tous ses sujets, quelles que soient d’ailleurs la fougue et l’indépendance de leur caractère. Les romanciers anglais ont, plus que les autres, cultivé le roman de high life, et les Français qui, comme M. de Custine, ont voulu spécialement écrire des romans d’amour, ont d’abord pris soin, et très judicieusement, de doter leurs personnages de fortunes assez vastes pour payer sans hésitation toutes leurs fantaisies; ensuite ils les ont dispensés de toute profession.

Ces êtres n’ont pas d’autre état que de cultiver l’idée du beau dans leur personne, de satisfaire leurs passions, de sentir et de penser. Ils possèdent ainsi, à leur gré et dans une vaste mesure, le temps et l’argent, sans lesquels la fantaisie, réduite à l’état de rêverie passagère, ne peut guère se traduire en action. Il est malheureusement bien vrai que, sans le loisir et l’argent, l’amour ne peut être qu’une orgie de roturier ou l’accomplissement d’un devoir conjugal. Au lieu du caprice brûlant ou rêveur, il devient une répugnante utilité.

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Si je parle de l’amour à propos du dandysme, c’est que l’amour est l’occupation naturelle des oisifs. Mais le dandy ne vise pas à l’amour comme but spécial. Si j’ai parlé d’argent, c’est parce que l’argent est indispensable aux gens qui se font un culte de leurs passions; mais le dandy n’aspire pas à l’argent comme à une chose essentielle; un crédit indéfini pourrait lui suffire; il abandonne cette grossière passion aux mortels vulgaires. Le dandysme n’est même pas, comme beaucoup de personnes peu réfléchies paraissent le croire, un goût immodéré de la toilette et de l’élégance matérielle. Ces choses ne sont pour le parfait dandy qu’un symbole de la supériorité aristocratique de son esprit. Aussi, à ses yeux, épris avant tout de distinction, la perfection de la toilette consiste-t-elle dans la simplicité absolue, qui est en effet la meilleure manière de se distinguer.

Qu’est-ce donc que cette passion qui, devenue doctrine, a fait des adeptes dominateurs, cette institution non écrite qui a formé une caste si hautaine? C’est avant tout le besoin ardent de se faire une originalité, contenu dans les limites extérieures des convenances. C’est une espèce de culte de soi-même, qui peut survivre à la recherche du bonheur à trouver dans autrui, dans la femme, par exemple; qui peut survivre même à tout ce qu’on appelle les illusions. C’est le plaisir d’étonner et la satisfaction orgueilleuse de ne jamais être étonné. Un dandy peut être un homme blasé, peut être un homme souffrant; mais, dans ce dernier cas, il sourira comme le Lacédémonien sous la morsure du renard.

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On voit que, par de certains côtés, le dandysme confine au spiritualisme et au stoïcisme. Mais un dandy ne peut jamais être un homme vulgaire. S’il commettait un crime, il ne serait pas déchu peut-être; mais si ce crime naissait d’une source triviale, le déshonneur serait irréparable. Que le lecteur ne se scandalise pas de cette gravité dans le frivole, et qu’il se souvienne qu’il y a une grandeur dans toutes les folies, une force dans tous les excès. Etrange spiritualisme! Pour ceux qui en sont à la fois les prêtres et les victimes, toutes les conditions matérielles compliquées auxquelles ils se soumettent, depuis la toilette irréprochable à toute heure du jour et de la nuit jusqu’aux tours les plus périlleux du sport, ne sont qu’une gymnastique propre à fortifier la volonté et à discipliner l’âme.

En vérité, je n’avais pas tout à fait tort de considérer le dandysme comme une espèce de religion. La règle monastique la plus rigoureuse, l’ordre irrésistible du Vieux de la Montagne, qui commandait le suicide à ses disciples enivrés, n’étaient pas plus despotiques ni plus obéis que cette doctrine de l’élégance et de l’originalité, qui impose, elle aussi, à ses ambitieux et humbles sectaires, hommes souvent pleins de fougue, de passion, de courage, d’énergie contenue, la terrible formule: Perinde ac cadaver!

Que ces hommes se fassent nommer raffinés, incroyables, beaux, lions ou dandies, tous sont issus d’une même origine; tous participent du même caractère d’opposition et de révolte; tous sont des représentants de ce qu’il y a de meilleur dans l’orgueil humain, de ce besoin, trop rare chez ceux d’aujourd’hui, de combattre et de détruire la trivialité. De là naît, chez les dandies, cette attitude hautaine de caste provocante, même dans sa froideur: Le dandysme apparaît surtout aux époques transitoires où la démocratie n’est pas encore toute-puissante, où l’aristocratie n’est que partiellement chancelante et avilie. Dans le trouble de ces époques quelques hommes déclassés, dégoûtés, désœuvrés, mais tous riches de force native, peuvent concevoir le projet de fonder une espèce nouvelle d’aristocratie, d’autant plus difficile à rompre qu’elle sera basée sur les facultés les plus précieuses, les plus indestructibles, et sur les dons célestes que le travail et l’argent ne peuvent conférer. Le dandysme est le dernier éclat d’héroïsme dans les décadences; et le type du dandy retrouvé par le voyageur dans l’Amérique du Nord n’infirme en aucune façon cette idée: car rien n’empêche de supposer que les tribus que nous nommons sauvages soient les débris de grandes civilisations disparues.

Le dandysme est un soleil couchant; comme l’astre qui décline, il est superbe, sans chaleur et plein de mélancolie. Mais, hélas! la marée montante de la démocratie, qui envahit tout et qui nivelle tout, noie jour à jour ces derniers représentants de l’orgueil humain et verse des flots d’oubli sur les traces de ces prodigieux mirmidons. Les dandies se font chez nous de plus en plus rares, tandis que chez nos voisins, en Angleterre, l’état social et la constitution (la vraie constitution, celle qui s’exprime par les mœurs) laisseront longtemps encore une place aux héritiers, de Brummel et de Byron, si toutefois il s’en présente qui en soient dignes.

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BAUDELAIRE par G. COURBET.

Ce qui a pu paraître au lecteur une digression n’en est pas une, en vérité. Les considérations et les rêveries morales qui surgissent des dessins d’un artiste sont, dans beaucoup de cas, la meilleure traduction que le critique en puisse faire; les suggestions font partie d’une idée mère, et, en les montrant successivement, on peut la faire deviner. Ai-je besoin de dire que M. G., quand il crayonne un de ses dandies sur le papier, lui donne toujours son caractère historique, légendaire même, oserais-je dire, s’il n’était pas question du temps présent et de choses considérées généralement comme folâtres? C’est bien là cette légèreté d’allures, cette certitude de manières, cette simplicité dans l’air de domination, cette façon de porter un habit et de diriger un cheval, ces attitudes toujours calmes mais révélant la force, qui nous font penser, quand notre regard découvre un de ces êtres privilégiés en qui le joli et le redoutable se confondent si mystérieusement: «Voilà peut-être un homme riche, mais plus certainement un Hercule sans emploi.»

Le caractère de beauté du dandy consiste surtout dans l’air froid qui vient de l’inébranlable résolution de ne pas être ému; on dirait un feu latent qui se fait deviner, qui pourrait mais qui ne veut pas rayonner. C’est ce qui est, dans ces images, parfaitement exprimé. »


CHARLES BAUDELAIRE

Pour le plaisir de visiter les sites des passionnés de Baudelaire, venez par ici :

1) http://www.poetes.com/baud/index.php

2) http://baudelaire.litteratura.com/?rub=oeuvre&srub=ess

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Tissot. Cercle Dandy.

Alexander Averin

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Chers Amis,

Prenez une seule minute de votre temps et écoutez ce poème d’Oscar Wilde dédié à sa jeune sœur décédée à l’âge de 10 ans. Tous les biographes s’accordent pour affirmer que c’est probablement une de ses plus grandes blessures…

Imaginez aussi que la vision de l’artiste Alexander Averin, soit celle de la petite isola Wilde. C’est du moins ce dont j’ai besoin ce soir.

Oscar Wilde :

LOU FERREIRA

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Et voilà, quatre merveilleux comédiens du théâtre du Nord-Ouest (dont deux « Charlotte Zweig » en alternance), vont jouer une dernière fois ma pièce et je serai présente le Mardi 18 Juin pour les remercier et apprécier encore leur inspiration, leur force, et leur sérieux dans cette aventure…

De tout coeur, MERCI à Jean-Dominique Peltier, Bernard Lefèvre (également metteur-en scène !) , Emma Chaibreda et Ambre Alexis pour les critiques de qualités que j’ai pu recevoir dans ce théâtre d’Art et d’Essai Parisien qui est, on le sait, unique en soi.

POUR RÉSERVER : http://www.billetreduc.com/84597/evtcrit.htm

A TRÈS BIENTOT !!

LOU FERREIRA

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Jean-Dominique Peltier (Stefan Zweig) et Emma Chaibreda (Lotte).