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Archive for the ‘Philosophie’ Category

Chers Amis,

La clôture vient d’être faite et la liste des invités est désormais complète ! Si j’ai oublié l’un de vous dans mon courrier de cet après-midi (pour les renseignements pratiques), alors que vous vous étiez inscrit, n’hésitez pas à me contacter sur mon mail : liliane-lou@wanadoo.fr

Je vous rappelle que je recevrai Daniel Salvatore Schiffer pour dédicacer son très bel ouvrage sur le Dandysme et la création de soi….

Photo de couverture empruntée au site : decitre.fr

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Nietzsche, photo extraite de la-philosophie.com

Certains universitaires (dont Pascal Aquien), ont déjà pensé quelques liens qu’il est important d’établir entre l’esthétique wildienne et celle de Nietzsche, mais pas seulement sur ce thème évidemment. Si je vous en parle ce soir, c’est pour vous proposer un début de reflexion mienne sur une variante philosophique à propos du concept d’affect ou de passion chez ces deux grands esthètes disparus en 1900 à trois mois d’intervalle.
Bien entendu, sur un blog, ce ne pourra être qu’une allusion…

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Nietzsche dit dans le Crépuscule des idoles :

« Toutes les passions ont une époque où elles sont simplement funestes, où elles entraînent leur victime vers le fond de tout le poids de la bêtise – et une, plus tardive, infiniment plus tardive, où elles épousent l’esprit, se « spiritualisent »

Wilde est passé par l’assujettissement sentimental et la prison, mais la spiritualisation de son âme s’est, selon nous, accomplie.
Et une nouvelle fois, Nietzsche a raison -comme le souligne le philosophe Patrick Wotling- de se révolter contre la cécité des philosophes a toujours vouloir contrôler les passions. Il est bien plus nécessaire de travailler sur les pulsions sans les nier et encore moins les juger moralement. Les affects, (mot que préfère Nietzsche à passion ou amour), ont une valeur qui renvoie à la croyance, et chez Wilde, elle a eu des accents divins, elle est devenue, en prison, plus « intériorisée », devenue chair et sang pour l’art :

« Et celui qui peut contempler la beauté du monde, prendre part à sa douleur et concevoir la merveille de l’un et de l’autre, entre en contact immédiat avec les choses divines et est plus près du secret de Dieu qu’il puisse être donné à une créature humaine.
Peut-être entrera t-il également dans mon art, non moins que dans ma vie, un élément plus profond encore, une plus grande unité dans la passion et plus d’élan dans l’impulsion. Ce n’est pas l’ampleur, mais l’intensité qui est le véritable but de l’art moderne. »
(« De Profundis »)

Dans ce que Wilde observe et annonce, il n’y a pas de dogme précis, il n’a pas trouvé le graal, il a aperçu une nouvelle voie de salut par l’art. Il ne s’autoglorifie pas non plus, mais il se pose un peu en dehors de Platon et de Nietzsche parce que, même au sortir de prison, il reviendra sur sa passion mortifère, il l’utilisera au début dans l’espoir –vain- d’en extraire une forme de puissance. La tragédie chez Wilde est la mise en lumière de volontés qui participent d’un processus de déstabilisation des êtres et des choses ou de lui-même, pour renouer avec ce qui a provoqué ces bonheurs, ces dénonciations diverses et sa perte.

Si Wilde a eu des remords quant à sa rencontre avec la personne de Lord Alfred Douglas, il n’a certainement pas regretté ce qui s’est constitué à la source de sa passion, cette source qui faisait dire à Nietzsche qu’il faudra bien revenir sur le pulsionnel. Les affects et les pulsions wildiennes sous-tendent ainsi la plupart de ses provocations, même si elles doivent se retourner contre lui…

Lou Ferreira

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Paris, Angers, Nantes et… Saumur. C’est bien dans cette petite ville que je ne comptais pas faire de rencontre intéressante puisque je n’y suis que de passage et que je déteste passer. J’aime marquer et remarquer.

Or, si une seule chose m’importait dans cette ville, c’étaient les élèves du Lycée Duplessis Mornay -où je me trouve encore pour quelques semaines- . Attachants, comme « abandonnés » de tous et timides. Ils m’enthousiasmaient et le reste ne comptait pas.
Mais ce serait être injuste sur un point tout de même : j’ai fait la rencontre de « collègues » chaleureux avec moi et je m’y sens bien au fond.
De plus, il s’y trouve un Prof de philo hors du commun : bien que sa thèse touchait à l’amour dans l’œuvre de Kierkegaard, ce Sorbonnard aux airs cyniques est un original et il n’a besoin de personne pour le présenter : son site

www.francismetivier.com

Le fera mieux que n’importe qui et il déménage ! Je considère qu’il a toute sa place dans ce blog parce que c’est un hédoniste aux accents libertaires qui se promène entre Chinon et Saumur, en vieillissant comme un bon vin des pays de Loire.

Et ses élèves s’amusent. Alors que veut Bacchus ?

Lou

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J’aime Maupassant. Lire, voir, entendre, imaginer les nouvelles (et même la pensée) de Guy de Maupassant. Cependant, cette réflexion d’Oscar Wilde extraite du « déclin du Mensonge » à propos de l’oeuvre du romancier Français me semble toujours cohérente. Je vous la propose, suivie de mon commentaire (non non pas long !) et vous inviterai ensuite à entrer en liaison avec le site : www.maupassantiana.fr
Photographie du blog « audiocite.net »

Extrait dans Le déclin du Mensonge :

« En France, (…) les choses ne vont guère mieux. M. Guy de Maupassant, à l’ironie mordante et acerbe, au style âpre et vif, dépouille la vie des quelques haillons qui la couvrent encore pour nous montrer le pus d’horribles plaies béantes. Il écrit d’horribles petites tragédies où tout le monde est ridicule et ses comédies amères vous arrachent des larmes qui vous interdisent de rire. »

Oscar Wilde soutient dans un premier temps, qu’une œuvre littéraire qui ne travestit pas la réalité, n’est pas une œuvre digne d’intérêt, parce qu’elle se rapproche du journalisme qui a pour fonction d’informer le lecteur de faits divers. Maupassant s’en approche, avec savoir-faire certes, mais il colle exagérément au réel. Or le réel est laid, banal et sans surprise. Dans un deuxième temps, Wilde dénonce les sentiments qui ne promettent pas l’espoir. Lorsqu’il reproche à Maupassant de nous « interdire de rire », il est sérieux. Toute sa vie, Wilde a fui l’ennui, la solitude et la tristesse qui ne propose rien que le constat de désolation.
Le rire est bien la conséquence de situations cocasses, imprévisibles où l’imagination de l’homme est conviée avec sens. La surprise que provoquent les mots et l’histoire, doit être le but de l’écrivain. Renverser les valeurs, travestir des faits connus, multiplier les invraisemblances, c’est cela qui intéresse Oscar Wilde.

Il est souvent dans le don et son écriture offre un éventail d’idées que toutes ses formes d’expression ont valorisé : nouvelles, essais, théâtre ou roman. Il prouve par là que le pouvoir de l’imagination s’immisce dans toutes les œuvres intellectuelles, pourvu que la forme ne soit pas le but, mais un moyen de présenter l’œuvre.
Lorsque Wilde reproche à Maupassant de présenter « tout le monde » comme « ridicule », c’est qu’il désapprouve l’absence de grandeur d’un personnage et que la plupart d’entre eux présentent de toute façon trop de caractères qui les confondent avec des personnages réels et non pas de légende. On ne rêve pas. Le désespoir de Maupassant ne propose aucune issue, tant sur le plan éthique –le fond-, que sur le plan esthétique –la forme-. C’est là, une absence d’imagination et de grandeur de sentiments. Auquel cas, des solutions et des versions différentes du drame seraient proposées au lecteur. Maupassant verrouille les issues de secours, lorsque Wilde, en rédigeant ses œuvres de prison propose des voies de salut.

Autrement dit, Maupassant dépeint comme irrémédiables les situations observées. Et les êtres qui élaborent ou se meuvent dans les décors plantés, sont figés dans leur orgueil, leur analphabétisme ou leur mépris de classe avec les vicissitudes sentimentales qui les accompagnent fatalement. Il n’y a donc pas de surprise, pas de réel mouvement d’’une peinture à l’autre, comme dans un musée, et les protagonistes des nouvelles de Maupassant, sont, pour Wilde dans des impasses existentielles qui sclérosent les mouvements vitaux : l’élan, le renouvellement des émotions et de la pensée qui permettent justement l’éclat de rire et de joie, même face au désespoir.
C’est donc l’intention de Maupassant qui interroge Wilde : pourquoi s’obstine-t-il à dépeindre une réalité qui ne propose pas d’espoir, c’est-à-dire ce qui fait vivre : le projet ? Dans cette attitude, l’ironie qui préside à la lucidité des cyniques s’installe chez Wilde. Comme s’il disait : dénoncer ne suffit pas, condamner non plus, mais dénoncer et condamner en riant aux éclats ou en embellissant au moins le cadre d’un Drame, cela voile un peu les tristes et inévitables issues du devenir humain.
Ce dernier aspect est une conviction stoïcienne : Le monde est réglé par la puissance divine, alors si elle fait de l’être humain un fataliste qui ne peut agir sur les forces obscures régissant son futur, autant apprendre à s’y faire en toute sagesse, ou à en rire avec autant de détachement.
Pourvu que ce soit beau et toujours en mouvement.

Lou FERREIRA

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