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Posts Tagged ‘Maupassant’

Henri Gervex cinq heures chez Paquin

Chers Amis,

Entre diverses incertitudes épidémiologiques et politiques, je tenais à vous rappeler que certains miracles existent et font se coexister des relations humaines que je savoure… Celles qui emplissent mes salons d’êtres curieux dénués de pédanterie, et celles qui sont ambitieuses sans pour autant verser dans la petite autorité malvenue.

Mes Salons Littéraires, je le rappelle, accueillent toutes celles et ceux qui ont envie de revisiter un auteur par le biais philosophique que je propose, ou de vibrer avec les mots d’un comédien qui donnent à penser.

Il n’est pas nécessaire d’être titré ou gradé, ni de connaitre l’auteur que je me réapproprie pour venir dans ces magnifiques espaces. Venez simplement vous faire plaisir…Toutes les précautions liées au virus seront respectées et je vous tiendrai au courant des annulations éventuelles dès la fin de ce mois d’Août…

Ulisse Caputo. Woman reading seated

Ainsi dès 19h30, du Château de la Perrière à Avrillé (près d’Angers) au château de Marson (à Rou Marson près de Saumur), j’aborderai de nombreux auteurs accompagnée du comédien Florent GILLES :

VENDREDI 11 SEPTEMBRE 2020 : Guy de MAUPASSANT au château de la Perrière à Avrillé (près d’Angers)
VENDREDI 18 SEPTEMBRE 2020 : Victor HUGO au château de Marson à Rou Marson ( près de Saumur)

VENDREDI 09 OCTOBRE 2020 : Albert CAMUS (au château de la Perrière à Avrillé)
VENDREDI 23 OCTOBRE 2020 : Albert CAMUS (au château de Marson à Rou Marson )

VENDREDI 13 NOVEMBRE 2020 : MONTAIGNE (au château de la Perrière à Avrillé)
VENDREDI 20 NOVEMBRE 2020 : OSCAR WILDE (au château de Marson à Rou Marson )

VENDREDI 11 DÉCEMBRE 2020 : DEBUSSY ET LA BELLE ÉPOQUE (au château de la Perrière à Avrillé)
VENDREDI 18 DÉCEMBRE 2020 : JULES VERNES (au château de Marson à Rou Marson )

Si vous souhaitez y participer, écrivez-moi : liliane-lou@wanadoo.fr

Lou FERREIRA . Photo de Thomas le BRAS

CHALEUREUSEMENT A TOUS !

Avec le comédien Florent GILLES au salon littéraire dédié à Virginia Woolf le Vendredi 13 Mars 2020.
Photo de Thomas Le Bras.

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J’aime Maupassant. Lire, voir, entendre, imaginer les nouvelles (et même la pensée) de Guy de Maupassant. Cependant, cette réflexion d’Oscar Wilde extraite du « déclin du Mensonge » à propos de l’oeuvre du romancier Français me semble toujours cohérente. Je vous la propose, suivie de mon commentaire (non non pas long !) et vous inviterai ensuite à entrer en liaison avec le site : www.maupassantiana.fr
Photographie du blog « audiocite.net »

Extrait dans Le déclin du Mensonge :

« En France, (…) les choses ne vont guère mieux. M. Guy de Maupassant, à l’ironie mordante et acerbe, au style âpre et vif, dépouille la vie des quelques haillons qui la couvrent encore pour nous montrer le pus d’horribles plaies béantes. Il écrit d’horribles petites tragédies où tout le monde est ridicule et ses comédies amères vous arrachent des larmes qui vous interdisent de rire. »

Oscar Wilde soutient dans un premier temps, qu’une œuvre littéraire qui ne travestit pas la réalité, n’est pas une œuvre digne d’intérêt, parce qu’elle se rapproche du journalisme qui a pour fonction d’informer le lecteur de faits divers. Maupassant s’en approche, avec savoir-faire certes, mais il colle exagérément au réel. Or le réel est laid, banal et sans surprise. Dans un deuxième temps, Wilde dénonce les sentiments qui ne promettent pas l’espoir. Lorsqu’il reproche à Maupassant de nous « interdire de rire », il est sérieux. Toute sa vie, Wilde a fui l’ennui, la solitude et la tristesse qui ne propose rien que le constat de désolation.
Le rire est bien la conséquence de situations cocasses, imprévisibles où l’imagination de l’homme est conviée avec sens. La surprise que provoquent les mots et l’histoire, doit être le but de l’écrivain. Renverser les valeurs, travestir des faits connus, multiplier les invraisemblances, c’est cela qui intéresse Oscar Wilde.

Il est souvent dans le don et son écriture offre un éventail d’idées que toutes ses formes d’expression ont valorisé : nouvelles, essais, théâtre ou roman. Il prouve par là que le pouvoir de l’imagination s’immisce dans toutes les œuvres intellectuelles, pourvu que la forme ne soit pas le but, mais un moyen de présenter l’œuvre.
Lorsque Wilde reproche à Maupassant de présenter « tout le monde » comme « ridicule », c’est qu’il désapprouve l’absence de grandeur d’un personnage et que la plupart d’entre eux présentent de toute façon trop de caractères qui les confondent avec des personnages réels et non pas de légende. On ne rêve pas. Le désespoir de Maupassant ne propose aucune issue, tant sur le plan éthique –le fond-, que sur le plan esthétique –la forme-. C’est là, une absence d’imagination et de grandeur de sentiments. Auquel cas, des solutions et des versions différentes du drame seraient proposées au lecteur. Maupassant verrouille les issues de secours, lorsque Wilde, en rédigeant ses œuvres de prison propose des voies de salut.

Autrement dit, Maupassant dépeint comme irrémédiables les situations observées. Et les êtres qui élaborent ou se meuvent dans les décors plantés, sont figés dans leur orgueil, leur analphabétisme ou leur mépris de classe avec les vicissitudes sentimentales qui les accompagnent fatalement. Il n’y a donc pas de surprise, pas de réel mouvement d’’une peinture à l’autre, comme dans un musée, et les protagonistes des nouvelles de Maupassant, sont, pour Wilde dans des impasses existentielles qui sclérosent les mouvements vitaux : l’élan, le renouvellement des émotions et de la pensée qui permettent justement l’éclat de rire et de joie, même face au désespoir.
C’est donc l’intention de Maupassant qui interroge Wilde : pourquoi s’obstine-t-il à dépeindre une réalité qui ne propose pas d’espoir, c’est-à-dire ce qui fait vivre : le projet ? Dans cette attitude, l’ironie qui préside à la lucidité des cyniques s’installe chez Wilde. Comme s’il disait : dénoncer ne suffit pas, condamner non plus, mais dénoncer et condamner en riant aux éclats ou en embellissant au moins le cadre d’un Drame, cela voile un peu les tristes et inévitables issues du devenir humain.
Ce dernier aspect est une conviction stoïcienne : Le monde est réglé par la puissance divine, alors si elle fait de l’être humain un fataliste qui ne peut agir sur les forces obscures régissant son futur, autant apprendre à s’y faire en toute sagesse, ou à en rire avec autant de détachement.
Pourvu que ce soit beau et toujours en mouvement.

Lou FERREIRA

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